10/06/2010 – Issenheim – L’Alsace

Mise à jour le : 19/08/2010 - 22:04



Deux concerts en deux sanctuaires Récital d’orgue à Saint-André, chant choral à la chapelle Saint-Michel : l’ASOCI a proposé samedi soir un concert fort intéressant.

 
À l’heure où la DOA, la fédération Découverte des orgues d’Alsace fête son dixième anniversaire, on ne pouvait qu’être déçu par la trop faible assistance au concert donné, samedi soir, à l’église Saint-André d’Issenheim, là même où est née l’idée de rassembler toutes les associations de promotion de l’orgue. On pouvait l’être d’autant plus que c’est « une pointure » qui était à la console de l’orgue Joseph Callinet.
Jan Willem Jansen est à l’heure actuelle un des maîtres de l’orgue en France. Samedi soir, il a donné un aperçu de son talent. Virtuose technique, il est aussi un maître de la registration. Cela s’est entendu d’entrée avec les cinq fantaisies d’Eustache du Caurroy sur une chanson populaire : Une jeune fillette. On a beaucoup apprécié l’adaptation des jeux à l’écriture du compositeur.
 
Avec le Livre d’orgue de Toulouse, on est entré dans ce qu’on appelle la période de décadence de l’orgue, l’annonce du style pompier du XIX e siècle. Avec Remo Giazzoto, on abordait l’un des plus célèbres pastiches de la musique classique : l’ Adagio d’Albinoni. Le programme précisait fort heureusement, « adagio sur deux thèmes et une basse continue », de Tomaso Albinoni. Le musicologue italien Giazotto a en effet composé cette œuvre à partir de deux fragments pour violon et d’une basse continue. En général, on n’entend qu’une partie de l’œuvre. Là on l’a eue en entier. Giuseppe Arrigo ramenait l’auditoire à cette musique contemporaine des Callinet, un peu dansante, rappelant davantage l’orgue de barbarie que la musique d’église.
 
Cette soirée, labellisée DOA, était placée sous le signe des trois C : concert, crémant, concert.
 
La manécanterie après le crémant
 
Un deuxième concert était en effet donné dans la chapelle du couvent Saint-Michel. Entre les deux, l’auditoire était invité à un apéritif crémant animé par la manécanterie de Saint-Jean de Colmar, une formation uniquement composée de jeunes filles qu’on a retrouvée ensuite à la chapelle où la fraîcheur des voix a été un peu desservie par l’acoustique trop puissante. C’était beaucoup plus agréable lorsqu’elles se sont avancées au pied du chœur. On n’a pas trop l’habitude de chœurs de jeunes filles. C’était donc une découverte intéressante à travers un programme entièrement sacré, avec d’abord des compositions anglaises et américaines, agrémentées de temps à autre par des évolutions des jeunes chanteuses. Il y eut ensuite de la musique hébraïque, alternant avec des psaumes mis en musique par Darius Milhaud et Bernard Lienhardt. Bernard Lienhardt qui a clos la prestation fort agréable de ces jeunes filles avec trois extraits de la cantate de Job qu’on a eu l’occasion d’entendre cet hiver à l’église Saint-Léger. On aura une nouvelle fois apprécié particulièrement le choral Allez dire au monde entier, le tout chanté par cœur, sans partitions et sans texte. Bravo les filles.

Jean-Marie Schreiber
 

 


10/06/2010 – Issenheim – L’Alsace